Il y a 30 ans, des chefs d’Etats de huit pays la sous-région ouest africaine mettaient sur les fonts baptismaux, l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa). Il s’agit du Bénin, Burkina Faso, de la Cote d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo. L’objectif assigné au regroupement régional est de renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des États membres, assurer la convergence des politiques économiques par le biais de la surveillance multilatérale, créer un marché commun basé sur la libre circulation des personnes et des biens et harmoniser les politiques sectorielles.
Les célébrations marquant l’évènement est placé sous le thème, « UEMOA, 30 ans : une expérience d’intégration résiliente face aux chocs exogènes ». Pour le ministre de l’économie et des finances du Togo, Essowè Barcola, ce thème, reflète bien la capacité de l’Union à surmonter les défis majeurs de notre époque. « Qu’il s’agisse de la sécurité face à la montée du terrorisme, des conséquences du changement climatique, ou encore des crises sanitaires, l’UEMOA s’est attelée à rester résiliente tout en s’adaptant aux réalités contemporaines », a-t-il déclaré.
En effet, malgré les vents contraires, l’institution a su œuvrer pour rendre effective l’intégration régionale conformément aux objectifs principaux que sont le renforcement de la compétitivité des activités économiques et financières, l’instauration d’une convergence des services, des capitaux et le droit d’établissement des personnes et l’institution d’une coordination des politiques sectorielles en harmonisant les législations particulièrement du régime de la fiscalité. « Depuis sa création en 1994, l’UEMOA a travaillé à l’amélioration des infrastructures notamment dans le domaine des transports à travers la construction et la mise en exploitation de Postes de Contrôle Juxtaposés (PCJ) ; l’adoption des textes relatifs au Tarif Extérieur Commun (TEC) pour la réalisation d’un marché régional ; et à l’harmonisation des législations des Etats membres dans le cadre de la mise en œuvre de politiques sectorielles communes », précise Lo Paye, la Représentante de la commission de l’Uemoa au Togo.
En effet, le Togo, participe activement à toutes les activités de l’Union et enregistre des résultats significatifs dans la mise en œuvre des réformes communautaires. En trois ans, le taux de mise en œuvre est passé de 64% en 2018 à 78,2% en 2021, puis à 76% en 2023, consolidant ainsi sa position parmi les pays leaders de l’UEMOA. Au cours des 30 dernières années, l’institution sous-régionale a financé un total de 48 projets au Togo pour un montant de 126.109.994.367 F CFA. « Ces investissements ont été consentis dans le domaine énergétique, de la libre circulation des personnes et des biens avec la construction des postes de péages juxtaposés… Dans le secteur de la production, nous avons également touché l’agriculture, l’énergie, et plus particulièrement l’énergie solaire… », fait-on savoir.
Il est à rappeler que sur le plan sécuritaire, le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, alors qu’il présidait la Conférence des Chefs d’Etat de l’UEMOA en 2011, avait instruit la Commission de l’UEMOA pour élaborer un acte additionnel sur la paix et la sécurité qui avait été adopté. Cet acte additionnel encadre la politique de paix et de sécurité dans la sous-région avec la mise en place du mécanisme précoce d’alerte pour toutes les questions liées à la sécurité.
On reconnait que le défi majeur de l’UEMOA en 2024 et pour les années à venir demeure le défi sécuritaire. « Vous conviendrez avec moi que s’il n’y a pas de sécurité, de paix, il n’y a pas de développement, il n’y a pas de croissance. Donc le défi principal que nous devons nous atteler à relever c’est le défi sécuritaire. Ramener la paix dans l’espace ainsi que la sécurité, pour plus de croissance, plus de développement », a rappelé Essowè Barcola, le ministre togolais de l’économie et des finances, appelant à Union plus forte, plus intégrée et plus prospère, une UEMOA encore plus résiliente et dynamique, une Union capable d’offrir aux populations un avenir de paix, de stabilité et de prospérité partagée











