Le 17 décembre prochain le FMI décaissera une nouvelle tranche de soutien financier au Togo, si le rapport de la revue du programme FEC de l’équipe de l’institution Hans Weisfeld qui a séjourné au Togo du 7 au 18 Octobre est concluant.
Selon les autorités togolaises, la revue a permis de se rendre compte que les critères de performance et les objectifs que les deux parties (gouvernement togolais et FMI) se sont donnés, les critères de performance à fin 2024 ont été respectés et les réformes envisagées ont été mises en œuvre à la satisfaction générale. « D’ici fin décembre 2025, la croissance qui était estimée à un taux de 6,6 avec le fonds va être contenue entre 5,3% et 6%. De même, l’inflation va baisser et le taux d’endettement restera en dessous de la norme communautaire », a indiqué le ministre de l’économie et des finances Essowè Barcola.
Le ministre a indiqué que pour les 3 ans à venir, 2025, 2026 et 2027, dans le Cadre budgétaire à moyen terme du Togo (CDMT), l’Etat togolais a pris l’engagement d’avoir en 2025 un déficit de 3%. C’est un engagement communautaire pris par l’Uemoa et le Togo vient de confirmer son maintien en ayant un déficit de 3%. « Cela veut dire qu’en 2025, comme c’était le cas cette année, nous allons donner la priorité aux dépenses sociales et aux projets contenus dans la feuille de route du Gouvernement », a-t-il ajouté.
L’officiel togolais a aussi révélé que le gouvernement a pris l’engagement d’améliorer les recettes fiscales et non fiscales et de définir une nouvelle stratégie pour optimiser les recettes fiscales, prendre des dispositions pour mieux recouvrer. « Il ne s’agit pas d’impôts supplémentaire mais de voir comment améliorer le mécanisme d’avoir effectivement les impôts. Donc nous allons définir les mécanismes et s’il y a effectivement des poches des recettes on les prendra, mais en tout cas l’objectif est de voir comment améliorer le mécanisme du recouvrement des recettes pour permettre à l’Etat d’avoir plus de ressources », a précisé Essowè Barcola.
Autre chantier, ce sont les reformes sur la commande publique, pour attirer les investisseurs. Pour les autorités togolaises, les marchés publics sont organisés dans un cadre juridique clair, transparent et sont exécutés dans de bonne conditions, un autre critère de bonne gouvernance. Le ministre a informé que dans les années à venir, les réformes dans ce secteur vont permettre de faire des publications plus pointues sur les entreprises publiques qui participent aux marchés publics et qui les gagnent. « Nous avons partagé ce souhait nous pensons que le fonds a apprécié cette démarche que nous allons entreprendre dans les années à venir », a-t-il dit.
Hans Weisfeld, Chef de la Mission du FMI a indiqué avoir constaté que la mise en œuvre du programme se porte très bien et que le Togo est en avance sur d’autres pays de la région. « Je crois pouvoir dire en ce moment que nous avons un accord au niveau du service du FMI avec le gouvernement et j’espère que le conseil d’administration confirmera cet accord le 17 décembre prochain et si c’est le cas le FMI décaissera une nouvelle tranche de soutien financier au Togo », a-t-il souligné.
En Mars 2024, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) avait approuvé un accord de 42 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Togo. Cet accord apportera au pays un financement de 390 millions de dollars (environ 237 milliards de F CFA), avec un décaissement immédiat de de 68,3 millions de dollars.
Le solide programme de réformes des autorités a pour objectif de préserver la stabilité macroéconomique et d’accélérer la réduction de la pauvreté en rendant la croissance plus inclusive tout en améliorant la viabilité de la dette, et par des réformes structurelles visant à soutenir la croissance et limiter les risques liés aux finances publiques et au secteur financier.
Les principales politiques prévues sont le renforcement des dépenses et de la protection sociale, le rééquilibrage des finances publiques pour stimuler la croissance (notamment grâce à un fort accroissement des recettes budgétaires), la mise en œuvre de réformes structurelles visant à favoriser la croissance en améliorant l’environnement des affaires, et l’exécution d’une réforme du secteur bancaire passant notamment par la recapitalisation de la dernière banque publique existante.











